COACHING ET FORMATION D'ECRITURE EN ENTREPRISE

(rubrique entreprise)


TRACES ECRITES

Chaque participant devait commencer leur texte par l'incipit suivant: "Une mouche maigre tournait, depuis un moment, dans l'autocar aux glaces pourtant relevées." tiré d'une nouvelle de Camus "La femme adultère".

Puis toutes les quinze minutes un nouvel élément (phrase, musique, objet etc) devait être inséré dans le texte. Au bout des trois heures d'écriture la fiction devait, pour tout le monde, se terminer par ce même excipit: " Ce n'est rien, mon chéri, disait-elle, ce n'est rien "

 

Une faim de mouche

Une mouche maigre tournait, depuis un moment, dans l'autocar aux glaces

pourtant relevées.

Il faisait chaud dans cet autocar, si chaud que la mouche suait. Elle était

maigre de n'avoir rien mangé ni bu depuis 3 jours qu'elle était enfermé dans

cette boite longue, tantôt lumineuse, tantôt sombre, bruyante et puante.

Elle avait bien tenté de se nourrir en se posant négligemment, l'air de rien,

sur un sandwich tomate-pastrami, une soupe aux artichauts ou encore un

hot- dog à la saucisse charnue.

Peine perdue, elle était à chaque fois chassée, écrasée, soufflée; on avait

même essayer de l'éjecter de la boite roulante.

Navrée par tant de méchanceté humaine, elle s'était réfugiée sur

le rétroviseur, la où personne ne pourrait l'atteindre, et ses yeux à facettes

globuleux ne perdaient pas une miette du paysage sauvage qui se déroulait

tel un ruban multicolore. Ce qu'elle voyait la torturait: ici un cactus géant en

de forme de hot dog ,là un sandwich de rocher rouge, plus loin une salade

buissonnante: elle avait faim.

 

Un soir, à la tombée de la nuit, la lumière et le paysage changèrent: de sombres

collines nimbées de brumes apparurent réduisant l'autocar à l'état de

miniature. La longue boite bruyante cessa tout mouvement tandis qu'une odeur

de caoutchouc surchauffé envahit l'habitacle.

Des paroles jaillirent ça et là pour peu à peu s'unir entre elles et former un intense

bourdonnement. Petit à petit les fenêtres s'ouvrirent laissant s'insinuer

une fraicheur inhabituelle et bienfaitrice.

Oubliant sa faim, la mouche maigre rassembla ses forces, poussa sur ses pattes

tremblantes et s'engagea dans le vol de la liberté.

Celui-ci prit rapidement fin d'épuisement au pied de l'autobus.

Un sommeil lourd suivit cette tentative d'évasion et lorsqu'elle se réveilla dans une

atmosphère humide et boisée, aux odeurs de bourgeons et de champignons,

l'autobus avait disparu.

Elle s'était endormie dans une fleur grenat en perles de rosées. Elle put enfin

se désaltérer et, tandis qu'elle butinait, sentit qu'elle s'élevait sans le moindre

battement d'ailes.

Portée par la fleur, elle-même cueillie par une main délicate et parfumée, elles

furent glissées dans le corsage d'une jeune femme lisant sur un banc couvert de

fourrure.

La faim la tenaillait toujours et pas le moindre déjeuner en vue.

 

Soudain monta de la fleur une musique lancinante qui petit à petit s'insinua

au creux du corps décharné et sec, lui procurant une douce chaleur.

Musique sauce curry, agneau Tikka, tendre et veloutée, mélopées salivaires

effaçant la faim jusqu'à la satiété.

Le petit corps se souleva pour léviter et se mit lentement à tournoyer dans

une vision colorée. Les ailes se multipliaient à l'infini: elle était la déesse

mouche, à la fois mâle et femelle, jeune mouche, mûre mouche, vieille

mouche.

 

Le changement fut brutal: de la pleine lumière elle s'enfonça dans une nuit

froide obscure et sans odeur. Un bruit sec et métallique interrompit la vision

magique: elle était enfermée dans une théière de métal étamé, telle celle

qu'utilisaient les nomades de tous les déserts du monde.

Qui dit théière, dit eau chaude voire brûlante. Si elle ne sortait pas rapidement

de là, elle allait finir ébouillantée...le ventre toujours vide.

La seule issue possible était le bec verseur: dans l'obscurité elle chercha à

distinguer l'orifice qui la conduirai vers la lumière. Après quelques tentatives

infructueuses et légèrement assommée, elle réussit enfin à s'échapper.

 

Epuisée par tant d'émotions, la mouche plus maigre que jamais se posa sur

une chose molle, souple, chaude, vivante. une odeur de sueur âcre chatouilla

ses naseaux contribuant à lui soulever l'estomac dont rien ne pouvait sortir.

C'était le ventre arrondi d'un chinois à grande moustache qui ronflait à

l'ombre des palétuviers.

Somnolente, la mouche se laissa bercer pour s'endormir montante et

descendante au gré de la respiration du dormeur.

Lorsque le gros homme se leva, elle fut projetée hors de ses rêves garnis

et pantagruéliques mais compris aussitôt qu'il était le seul espoir de trouver

pitance. Elle s'accrocha et fut bientôt récompensée de sa folle témérité.

Ils arrivèrent à une auberge où les ânes broutaient dans la cour,

il demanda des beignets qu'on prépara pour lui.

Aussitôt assaillie par les odeurs d'huiles et de viandes, la mouche se

précipita dans la cuisine. pour constater qu'elle n'était pas seule: d'autres

consœurs plus grasses avaient trouvé leur bonheur et la chasse était gardée.

Pour manger il fallait se battre ou être maligne.

 

En sentant l'odeur suave de l'encens elle décida de saisir sa chance.

Dans une cuisine chinoise l'encens à chasser les importuns et plus

certainement les mouches gourmandes.

Les grasses compatriotes s'enfuirent par centaines. Malgré la menace de

suffocation, elle résista et se réfugia près des viandes sous la table

du boucher, là où le sang s'échappe par rigoles entières, puis par petites

gouttes épaisse et odorantes.

Ce fut un pur bonheur: elle se trempa, se baigna, s'ébroua et se rassasia

jusqu'à n'en plus pouvoir.

Repue, gavée, replète elle se laissa glisser et entraîner dans le nectar

rougeoyant, d'abord rivière puis ruisseau. La course du liquide épais

ralentit petit à petit pour finalement se figer dans une coagulation

poisseuse couleur cerise noire.

 

Tant bien que mal, la mouche s'extirpa de cette croûte voluptueuse et prit

un envol lourd et anarchique. La nuit était tombée. Elle se dirigea vers

l'unique source lumineuse éblouissante dans l'obscurité.

Ce qu'elle vit alors lui parut insolite: accompagnés par la musique de Vivaldi,

huit personnes dont deux enfants écrivaient,  plus ou moins concentrés,

penchés sur de longs feuillets blancs, laissant courir de biens étranges plumes.

 

Un étrange sentiment envahit la mouche en les regardant: elle les avait déjà

rencontrés, elle avait voyagé avec elles.

L'autobus, les sandwichs, la soupe. CE sont elles qui l'avaient repoussé, chassé

avec ardeur. Elle se mit à tournoyer autour de chacune de leur tête afin de

troubler leur quiétude et leur concentration.

C'était sans compter le galet. Guilhem s'en saisit et l'aplatit habilement

sur son corps replet, produisant un crissement de biscotte qu'on écrase.

 

" Ce n'est rien, mon chéri, disait la maman, ce n'est rien. "

 

 

Nathalie T

 

 

 

Une rencontre inattendue

Une mouche maigre tournait, depuis un moment, dans l’autocar aux glaces pourtant relevées. Son vol erratique n’occupait qu’un faible volume au-dessus du siège devant moi. Elle semblait prisonnière de frontières invisibles qu’elle seule voyait, et qui l’obligeaient à changer de direction toutes les secondes ou presque, comme si elle cognait contre un mur. Ce spectacle m’avait distrait de l’observation de la monotone platitude du paysage, qui défilait derrière les vitres, de temps en temps entrecoupée par l’apparition d’un arbre plus ou moins déplumé.

 

Sur le fauteuil de l’autre côté de l’allée, il y avait une femme avec un enfant qui semblait lui aussi fasciné par le vol de la mouche. Mais ces yeux étaient emplis de crainte, de frayeur. Il tira la manche de la robe de sa mère et quand elle se pencha vers lui, il s‘étira pour lui murmurer quelques mots à l’oreille. Elle lui parla plusieurs fois sans réussir à le calmer, elle semblait un peu agacée par le manège de son enfant.

Le voyage allait encore durer quelques heures et j’étais fatigué. Je fermais les yeux pour m’extraire de toutes ces distractions immédiates qui m’entouraient. J’avais chaud. J’entrepris de rêvasser à un paysage froid et brumeux qui, je l’espérais, me ferait oublier la moiteur ambiante que l’air qui rentrait par les fenêtres ouvertes du bus ne suffisait pas à rafraîchir. Ne percevant aucun effet de mon songe montagnard et hivernal sur mon corps en sueur, je sortis le livre que j’avais mis dans mon sac de voyage. Je l’ouvrais et essayais de me concentrer sur ma lecture. Ce roman décrivait un après-midi de printemps où une jeune femme attendait sous l’ombrage d’un arbre séculaire. Est-ce que j’allais réussir à me concentrer suffisamment pour m’intéresser à une scène sans mouvement alors que j’étais ballotté par les cahots de la route que les amortisseurs usés du vieil autocar semblaient plus amplifier que raboter ? À ce moment, j’aurais voulu être assis, comme la jeune fille du roman, sur une épaisse peau de bête aux longs poils qui m’aurait procuré un confort moelleux et douillet.

 

Quelques maisons apparurent sur le bord de la route, nous pénétrions dans un village. L’autobus ralentit sa vitesse jusqu’à s’arrêter sur une grande place poussiéreuse. Enfin j’allais pouvoir descendre, me dégourdir les jambes, et me détendre. Dès que j’eus posé le pied sur la terre rouge, le lieu me sembla propice à la flânerie. Loin du groupe des passagers qui s’était rué vers le bâtiment en ciment où ils espéraient trouver quelques rafraîchissements, je me dirigeais vers le bout de la place et aperçut l’entrée d’un jardin. Du premier coup d’œil, je compris que c’était un jardin zen. Je m’approchais d’un mince filet d’eau qui se faufilait entre des pierres rondes couvertes de mousses. Les fleurs qui jonchaient le sol, les arbres dont les branches bruissaient, invitaient à la méditation. Un banc était installé juste devant une petite cascade d’eau. Je m’y posai et contemplai ce paysage d’éden improbable dans ce village perdu au milieu d’une pampa désertique jusqu’à maintenant. Sur ma gauche, il y avait une table de jardin en fer, peinte en blanc. Un service à thé composé de 2 tasses sur leurs soucoupes, d’une théière, deux cuillères, un sucrier, tous en argent, recouvrait le plateau nu de la table. Tout était disposé prêt à recevoir des convives qui ne pourraient pas s’asseoir d’ailleurs, car aucune chaise n’était présente. Le sucrier était vide, la théière était vide, nul génie n’en sortit lorsque je l’ouvris. Décidemment, ce jardin et son décor étaient tout à fait intrigants. Un rêve n’aurait pas été plus troublant. Quel pays étrange ! J’aurais bien voulu rencontrer le personnage original qui avait eu l’idée de ce merveilleux jardin dans un tel endroit. La réalité que je vivais en ce début de voyage était bien loin de ce que j’avais imaginé.

 

Un petit homme sans âge venait à petits pas vers moi. Il arborait un visage serein et souriant. Il portait un vêtement ample qui lui couvrait tout le corps comme la robe blanche d’un moine. À chaque pas, un pied sanglé dans une fragile sandale apparaissait puis disparaissait sous le tissu qui frôlait le sol. Ses mains bronzées aux longs doigts fins pendaient le long de son corps en un lent balancement. Il m’adressa la parole en premier, me souhaitant la bienvenue. Immédiatement je sus que c’était lui le créateur de ce lieu. Tout dans son allure, dans ses paroles, indiquait qu’il était en parfaite harmonie avec ce qui nous environnait. Je ne sais plus comment la discussion s’engagea, j’étais si perturbé. Je crois qu’avant même que je lui pose des questions, il y répondait comme s’il les avait pressenties. C’est ainsi qu’il me raconta qu’il avait fait comme moi un long voyage en quête de lui-même peut-être ; il marchait depuis des heures, il était épuisé, alors il arriva à une auberge où les ânes broutaient dans la cour et il demanda des beignets qu’on prépara pour lui. Trouvant l’accueil si charitable dans son état d’épuisement, il se dit qu’il s’établirait dans les parages.

 

Il m’invita à s’installer à la table. Je me retournai, elle était maintenant couverte d’une nappe blanche, deux chaises en fer avec d’épais coussins avaient fait leur apparition. Au milieu de la table se consumait un bâton d’encens, je n’en captais que faiblement l’odeur, là, en plein air, au milieu de ce jardin déjà si odorant. Je n’en comprenais pas l’utilité et cela me déconcertait. Je m’assis à la place qu’il m’indiquait et le regardai me verser le thé fumant qui sortait maintenant de la théière que j’avais vue vide quelques minutes plus tôt. J’imaginais que quelque serviteur zélé avait préparé tout cela dans mon dos, alors que j’étais si captivé par les paroles de mon hôte. Aujourd’hui je ne me souviens plus de ce qu’il me disait, je ne sais même plus si je parlais moi-même ou si je ne faisais que l’écouter. Il me reste de ce moment le souvenir d’un instant léger, plutôt gai. Sa voix par moment me berçait, tout à coup s’accélérait, s’animait. Le ton et le rythme de sa voix s’accordaient si justement à ce qu’il disait que j’étais hypnotisé ;  je comprenais tout ce qu’il me disait bien que ce fut totalement nouveau pour moi. Curieusement, aucun de ses mots ne m’est resté en mémoire. Seule, la mélopée de son discours revient me hanter quelquefois comme une chanson dont on fredonne la mélodie mais dont les paroles sont évanouies.

 

Lorsque le chauffeur de l’autocar a klaxonné pour appeler les retardataires, je me suis demandé ce que je devais faire : continuer mon voyage ou rester avec cet homme. Mais il s’est levé, m’a dit au revoir et est reparti tout aussi gracieusement qu’il était arrivé. J’ai regagné l’autobus et j’ai ramassé un galet dans le mince ruisseau du jardin. C’est ce galet, aux tâches grises et bleutées, que je tiens dans la main ; il me rappelle tous ces souvenirs à chaque fois que je le touche et le regarde. La mousse qui le recouvrait a disparu au contact répété de mes paumes caressantes.

 J’entends mon fils pleurer, je suppose que c’est un cauchemar qui l’a réveillé. Comme j’arrive à la porte de sa chambre, je me souviens de ma mère qui me rassurait moi aussi : « Ce n’est rien, mon chéri, disait-elle, ce n’est rien ».

 

Dominique C

 

 

 

 

 

 

Touriste dans la brume

Une mouche maigre tournait, depuis un moment, dans l’autocar aux glaces pourtant relevées.  A l »altitude à laquelle nous étions, j’aurais pu m’étonner de la survie de cet insecte qui, et sa ligne style top model anorexique en attestait, ne devait pas faire bombance tous les jours.

 

L’ennui de ce long voyage monotone, sur ces llanos sans fin, entrecoupé seulement de loin en loin par la pause pipi obligatoire et quelques accidents du paysage, l’ennui me poussait à faire amitié avec la seule créature qui me semblait vivante dans ce vieil autobus essoufflé.  J’ouvris mon sac à dos et y péchait un morceau de pain d’épices et une canette de Coca depuis bien longtemps réchauffée.  Ayant bu et mangé, je déposais la canette sur l’accoudoir et disposait quelques miettes duc gâteau dans les trois gouttes de liquide qui stagnaient dans la rainure du couvercle.

 

J’avais peut-être surestimé l’intelligence de la mouche, allait-elle profite de la stupidité du touriste européen qui semblait vouloir partager son repas avec un être partout ailleurs repoussé avec violence ?  J’attendais, jetant de temps en temps un regard lassé par la fenêtre.  Aller, mouche, Madame est servie, c’est moi qui régale !

 

La mouche continuait, imperturbable, à voleter de cette manière énervante qu’elle partage avec les papillons, un coup à droite, un coup à gauche, en avant, en arrière, aucune logique !

 

Puis, d’un coup, elle eut l’air de comprendre.  Elle opéra une descente en piqué sur la canette,  se posa dans l’immense lac des trois gouttes de Coca et se mit illico à pomper le liquide.  Je voyais bien la petite trombe noire, mais je pense que seule mon imagination me fit croire que la mouche avait l’air satisfait.

 

En décollant, le ventre plein, elle fit basculer le récipient en avant.  La canette se répandit sur l’avant-bras d’un costaud assis de l’autre côté de l’allée.  Il se tourna vers moi d’un air furieux.  Je n’en menais pas large, on m’avait beaucoup parlé du caractère ombrageux des Argentins.

 

J’allais m’excuser avec mon espagnol aussi scolaire que calamiteux, quand l’autocar freina sèchement, envoyant le macho valdinguer à l’avant du véhicule.  Il heurta dans son vol une barre de fer et tomba, raide inconscient, dans l’allée centrale.

 

Le chauffeur, qui n’avait pas vu grand-chose, indiqua que nous étions arrivés à une étape cruciale de notre voyage.  Tout le monde devait sortir, regarder le paysage et faire de photos.  Je me demandais soudainement si la mouche en profiterait pour se carapater en douce et me laisser seul avec le bel Argentino qui, pour l’instant, reprenait ses esprits, assis par terre, l’air tout de même un peu hagard.

 

Courageux, mais pas téméraire, je profitais de la cohue pour me faufiler par l’arrière et descendis du bus.

 

C’est vrai que tout avait changé d’un coup, dehors.  A la place du llanos plat et monotone que nous traversions depuis ce matin, nous nous trouvions au bord d’un canyon embrumé, aux reliefs karstiques ressemblant un peu à ceux qu’on associe souvent à la Chine.  L’air était frais, un peu humide, et l’altitude nous raccourcissait sérieusement la respiration.  Je m’assis sur un rocher du bord de la route, fis quelques photos puisque nous étions là pour ça, et laissait mon esprit errer parmi mes souvenirs de voyage.

 

Soudain, abasourdi, j’entendis près de mon oreille, le zonzon de ma mouche !  Elle m’avait suivi !  De derrière moi, une jolie voix se fit entendre : « Musca ! »  Je me retournai et fis face à une jeune fille brune, aux grands yeux sombres, dont je ne sus pas vraiment dire si elle était ou non jolie.  Elle avait posé une mantille blanche sur ses épaules et me regardait d’un air éminemment profond, un peu par en dessous.  Ou elle était timide, ou elle avait besoin de lunettes.  Je ne savais pas quoi lui dire, aussi, le plus profondément du monde, je lui répétais : « Musca ! », tout en pensant à un épisode d’Astérix dans lequel un grand type envoie une grosse pierre avec une catapulte et, ayant réussi son coup, dit : « J’ai fait musca ! ».

 

Mais moi, dans tout ça, faire musca, je ne voyais pas comment et si je devais opérer !  Cette jeune Argentine, là, quoi en faire ?  Avais-je le droit de lui adresser la parole, de la regarder, de simplement avoir l’air d’avoir noté son existence ?  Les mâles, ici, avaient le sang chaud, on était sur la corde raide !  De plus, ce n’était pas avec mes trois pauvres phrases Assimil que je pourrais entretenir une conversation.  On n’allait certainement pas faire tout le voyage à coups de « Musca ! ».  Le dialogue me semblait un peu limité.

 

Finalement, le chauffeur me tira d’affaire en nous intimant l’ordre de remonter dans l’autocar.  Au passage, je ramassais la canette vide, la glissait dans le filet au dos du siège de devant et me préparais à une longue route, seul avec mes pensées.  Seul ?  Eh non !  Madame Musca avait finalement décidé de continuer avec nous.  Son bourdonnement m’aiderait peut-être à dormir et à ne pas jeter d’incessants coups d’œil à la brune qui, comble de malchance, était assise juste à côté du macho cabossé !

 

Finalement, bercé par la mouche qui, décidément, souhaitait ma compagnie, je glissais doucettement dans un état bizarre (que contenait donc le Coca ?  Ou l’altitude ?).  Je me mis à me remémorer les voyages passés que j’avais faits aux quatre coins du globe (idiot, des coins, pour un globe !).  JE me souvenais de cette musique sans pays, qui servait de toile de fond aux acheteurs frénétiques du centre commercial des tours jumelles Petronas, à Kuala Lumpur.  Ce qui me mena à cette boîte de jazz, à Pékin, où les musiciens croyaient dur comme fer jouer du cool jazz, comme au Blue Note, à New York !

 

J’avais envie de me réveiller, je me secouais moralement, mais rien ‘y faisait, mangue d’oxygène des hauteurs de cet endroit perdu.  Je me poussais à revenir à la veille, mais replongeais vite dans ce flottement mou, un pseudo sommeil, peuplé de pseudo rêves, de sons étouffés et de voix irréelles, de sensations indéfinies et indéfinissables.  Les pensées arrivaient en désordre, se heurtant comme des auto tamponneuses à la fête.  Des bribes de vie, sans forme, sans logique, sans dessein apparent.  J me voyais dans les marais des Everglades, dans une moiteur brumeuse, dans un bateau remontant un arroyo aux eaux calmes et pourrissantes, son moteur ronronnant à bas régime.  Un éclair de lucidité me fit penser que c’était ma compagne Madame Musca et je refermais alors complètement les yeux, plongé cette fois pour de bon dans un vrai sommeil.

 

Je dus brutalement tiré de ma bienheureuse sieste par un arrêt de l’autocar.  Là encore, le chauffeur nous ordonna de descendre.  Nous descendîmes.  Les autres passagers n’avaient sans doute pas plus que moi l’air de savoir ni où nous étions ni quand nous étions.  Notre chauffeur nous fit contourner le bus pour entrer dans un petit bâtiment en parpaings où, après quelques instants d’accoutumance, la pénombre nous autorisa à réaliser que nous étions dans une auberge.  Enfin, une auberge, ma sieste m’avait rendu tolérant.  Deux trois planches juchées sur des piles des mêmes parpaings, des caisses et des chaises.  Sur chaque « table », des verres, des boîtes à sucres en plastique massif.  Nous nous posâmes et la propriétaire arriva avec des théières remplies de maté, la boisson nationale des gauchos des pampas.  Encore un peu dans le vague, je m’interrogeai sur la dénomination exacte du récipient à maté, une matéière, une matière, un mateur, un matin, un maton ?

 

J’aurais dû rester planqué dans le car, j’avais une envie de dormir à faire pâlir d’envie tous les insomniaques de la terre, et pourtant, il me fallait faire semblant de boire cette décoction.  S’il fallait apprécier le maté pour être un vrai coureur de llanos, j’avais encore du chemin à faire !

 

Tiens, ma mouche !  El se plaisait en ma compagnie !  Je ne savais pas trop si je devais prendre son insistance pour un compliment.  Enfin, tout ça devait dépendre des goûts olfactifs de l’insecte aux gros yeux. 

 

Après tout, le type que j’avais copieusement arrosé de Coca quelques heures plus tôt, s’approcha de moi et entreprit de me faire la conversation.  Ma foi, ça allait peut-être me maintenir éveillé.  Il se présenta, Carlos, original, non ?  Je me présentai et malgré la barrière des langues, lui en rameutant tout ce qu’il possédait de ma langue, moi de la sienne, nous devînmes en peu de temps, et pour ce voyage du moins, les meilleurs amis du monde.

 

Il faisait le voyage souvent, négociant qu’il était en café, comme l’avaient été son père et son grand-père avant lui.  Bientôt, il versa dans l’évocation de souvenirs, mélangeant ceux d’une génération avec ceux de la suivante.  Mais, tout compte fait, il me plaisait, bien, Carlos.  J’avais fait deux amis, lui et Madame Musca, pour l’instant endormie sur mon avant-bras velu.

 

Carlos me racontait les voyages d’antan, du temps où les visiteurs, à cheval ou en carriole, étaient aussi rares que bien traités.  Son grand-père, par exemple, avait un jour dit que, sur le chemin qu’il accomplissait à dos de mule,  il avait craint de devoir passer la nuit à la belle étoile et le ventre creux.  Pourtant, il avait continué sa route.  Il arriva à une auberge où les ânes broutaient dans la cour et demanda des beignets qu’on prépara pour lui ! 

 

Rien à voir avec le gourbi dans lequel on nous servait ce breuvage que je ne pouvais qualifier.  Les ânes étaient remplacés par ces autobus dont Dieu seulement savait ce qui les faisait encore conserver leur intégrité.  Les beignets ?  Je n’en ‘avais jamais goûté et depuis que Carlos m’en avait parlé, j’en sentais monter l’envie et dans mon estomac et dans les antennes de Musca la mouche, qui frétillait entre trois de mes poils.

 

Tiens, il fallait à nouveau remonter dans l’autocar que je commençais à prendre un peu en grippe.  Carlos, à ma grande joie, reprit sa place à côté de la brune.  A vrai dire, c’était peut-être mon meilleur ami pour les heures à venir, mais je n’avais pas vraiment envie de fournir un effort pour une conversation qui n’irait sans aucun doute pas jusqu’à la dissection philosophique de la crise de l’énergie et de ses causes, ou à la mise à plat des avancées techniques en matière de traitement des ordures ménagères !

 

Ce qui me fit noter que, le bus tirait de plus en plus vers le genre chambrée de légionnaires ne marche forcée depuis quinze jours et que j’aurais bien fait brûler un ou deux bâtons d’encens pour améliorer l’odeur qui régnait à l’intérieur de la voiture.  D’autant plus qu’un rigolo avait refermé toutes les fenêtres sans exception (tiens, c’est pour ça que Musca était également remontée dans le cas, nos effluves devaient représenter, pour elle, une bonne idée du Paradis !)

 

Tout ça n’améliorait pas mon état d’esprit, coincé dans un vieux bidule puant et, somme toute, bruyant, adoré par une mouche, voguant sans trop s’en rendre compte, à travers une contrée lisse et monotone, à part le paysage de tout à l’heure !

 

Les heures, ou les minutes, pour ce que j’en savais, puisque je n’avais pas le courage de regarder ma montre, les heures passaient, lentes, clonées l’une de l’autre.  Des femmes au visage bronzé et ridé papotaient à l’avant du car, dans une langue qui m’était totalement inconnue.  Quechua ? Tupi ?  Ca m’était bien égal d’ailleurs.  J’allais passer le voyage à touiller mes pensées plongées dans la soupe opaque de mon cerveau engourdi.

 

L’autocar aborda enfin une descente qui ranima tous les voyageurs.  Il s’agissait de négocier ferment, mais en souplesse, une série de virages de la route qui n’avaient aucunement l’envie de nous faire des cadeaux.

 

Le chauffeur rajusta sa position, toussa une bonne fois, et, tel un chef d’orchestre allant mener une symphonie, il ralentit, fit craquer les jointures de ses mains, et cramponna le volant d’un geste décidé.

 

Du coup, tous les passagers s’étaient penchés vers l’avant.  Même ma mouche avait l’air plus dynamique.

 

Le chauffeur accéléra et le festival commença, premier mouvement, allegro ma non tropo, on se savait jamais.  Le paysage défila plus vite, changeant à chaque virage, le précipice allant de la droite à la gauche du bus.  Il fallut vite passer à l’andante, les virages se faisant plus secs, le nez du car plongeant dans le vide à chaque tournant, et l’estomac des passagers remontant à leur gorge.

 

Un dernier virage, et le paysage s’ouvrit.  Des plaines cultivées à perte de vue, toutes les nuances de vert, et, au loin, trop loin à mon goût, une ville, blanche et rouge.  Jouez hautbois, résonnez musettes, nous allions enfin avoir l’espoir d’arriver à notre prochaine étape et de rencontrer un peu de civilisation.

 

Bonheur indicible, la route elle-même participait à notre vivacité retrouvée.  Elle filait, droite, noire, presque belle, telle cette nationale qui traverse les Landes, comme si une gigantesque tondeuse à gazon avait tracé un passage dans les pins alignés.

 

Carlos se tourna vers moi et, avec un clin d’œil complice, de quoi, je me le demande encore aujourd’hui, me dit : « Arriba !  Campos Verde ! »  Super !  J’avais pris le bon car, c’était la ville que je voulais visiter !  JE le remerciai chaleureusement et risquai un sourire à sa compagne.

 

La ville approchait, on en sentait déjà les frémissements, des champs peuplés de paysans, des bâtes derrière des clôtures.  Nous rencontrions quelques voitures, un ou deux camions

 

Les voyageurs s’agitaient et, bien qu’il s’en faille encore d’au moins une bonne heure avant notre arrivée au terminus routier, ils commençaient à rassembler leur affaires.

 

Le premier feu de croisement acheva de nous couper du monde étrange que nous venions de quitter, ces llanos incroyables, peuplés de lacs colorés, sans un humain, sans un bruit, sauf celui du vent.

 

Tout ça me rappelait furieusement mes vacances enfantines, chez ma Mamé Laurentine.  Elle habitait à la mer, une petite plage un peu perdue, sans grand attrait.  Tout allaient vingt kilomètres plus loin, pour profiter du sable fin, délaissant les galets de chez nous, dont je rapportais pourtant toujours un ou deux exemplaires à la maison.  C’est interdit maintenant, ils font partie du patrimoine national.

 

Quand nous rentrions, pou l’école, Mamé m’accompagnait toujours à Paris.  Dès Romorantin, prévoyante, elle faisait porter sa valise en tête du train par un pauvre jeune homme qui n’avait rien fait sauf la faute d’être bien bâti et d’avoir l’air avantageux.  Lorsque le train s’arrêtait enfin quelques centimètres avant le butoir, la porte s’ouvrait et, pendant des années, j’ai essayé de descendre le bagage sur le quai.  Je n’y réussissait pas.  Mamé Laurentine, invariablement, me disait en penchant la tête :

 

- Ce n’est rien, mon chéri, ce n’est rien »

 

Jeanne-Marie D

TEXTES DES ADOS

 

Une nuit sans lune

Un silence planant

Puis, un retour au présent

 

Pour tomber d’un coup

Et puis soudain se relâche

Une corde qui se tend

 

Il vient, il va

Tel un papillon de nuit

Pour vite disparaître

 

La guerre incompréhensible

Dans un monde qui n’existe pas, Albus Dumbledore existe. Malheureusement, c’est un criminel recherché par la police pour vol de baguette. Son ami, un druide, affirme que Dumbledore est innocent. Cependant, Merlin l’enchanteur n’y croit pas. Une guerre est alors engagée entre le druide et l’enchanteur.

Le premier à tout le soutien des fées, et l’autre celui des géants. Ceux-ci étant de nature cruel, le ministre de la guerre, un vieux hobbit irlandais, à tenté de les arrêter. Il s’est alors fait kidnappé, et a été retrouvé près de la fontaine de jouvence, en train de prendre le thé avec une licorne et un nain. Mais, alors qu’ils mangeaient du cake, des monstres débarquèrent (notamment des Walkyries, des zombies, et, on ne sait pourquoi, Yoda). Ils étaient envoyés par Merlin, qui détestait le thé et le cake. 

Sur le champ de bataille, le druide créait des potions, indifférent aux sorts que lui lançait Merlin. En plein combat apparut alors Ulysse, qui s’était fait téléporté par un X-men

Alors que Merlin s’apprêtait à lancer un sort mortel au druideUlysse le questionna sur la direction à prendre pour retrouver son royaume. En racontant son odyssée, des années plus tard, il omit ce passage, se souvenant sans doute du coup de massue qu’il avait reçu ce jour là.

b) Les mémoires perdues :

Il y a longtemps, peu après la naissance d’Albus Dumbledore, il y eut une série de vol de baguettes magiques. Un druide fut soupçonner, mais, au cours de son procès, l’enchanteur qui l’avait accusé fut pris d’une crise étrange. La fée domestique qui l’accompagnait partout fut mise en prison, le druide disparut des mémoires, et l’affaire aurait pu en rester là.

Mais, il y avait dans le jury un géant, qui accusa un hobbit venu d’Angleterre pour voir la Fontaine de Jouvence Irlandaise (qui est très différente de l’anglaise). La raison de cette accusation reste nébuleuse. La seule chose qu’on sache, c’est que le hobbit fut par la suite kidnappé, lors d’une visite chez une licorne. La licorne elle-même était un monstre déguisé. Comme on ne trouvait aucun coupable, le président, un nain corpulent, décida de démissionner, car toute cette histoire lui donnait la migraine. 

Le chef de la police consulta un oracle, qui lui fit boire une centaine de potions, avant de lui dire que les questions posées n’étaient pas claires. Le chef de la police quitta donc l’oracle furieux, et rejoignit le royaume voisin pour y faire une cure.

 

Le géant s’enfuit très loin, mais se fit extraire ses souvenirs par un sort. Le magicien ayant lancé le sort se téléporta dans le pays où avait eu lieu les vols de baguettes, et signala au passage qu’il se nommait Ulysse. Mais il se fit ensorceler par une Walkyrie, et perdit lui aussi la mémoire. La Walkyrie rencontra Charles Xavier, le X-Men chauve -qui eut la bonté de lui laisser ses souvenirs-, puis Yoda. Le petit bonhomme vert était en pleine conversation avec elle quand un zombie les attaqua. Charles Xavier se faisant assassiner quelques semaines plus tard, personne ne sut ce qui advint des baguettes.

 

 

Une morte, un Hermite, et une canne magique

Elle tenait un livre aux pages parcheminées entre ses mains usées par le temps et les privations. Elle faisait presque peur, avec ses ongles trop long et sa bouche étrangement tordue. Ses yeux étaient noirs comme le charbon et luisaient faiblement.

Elle tourna la page avec lenteur, soupira, et leva brièvement les yeux. Le vent soufflait. La lueur vacillante des chandelles se reflétait sur les murs, créant des monstres abominables, des peurs sans noms. Une bourrasque soudaine fit s’éteindre d’un coup toute lumière. Plongée dans la pénombre, Elle ne bougea pas. Elle gardait les yeux fixés sur le livre. Un éclair déchira le ciel, illuminant la pièce. Celle-ci était pauvrement meublée, avec deux chaises, et un lit froid et peu accueillant. Une porte de chêne la séparait de la rue. Soudain, on frappa trois fois.

Toc, toc, toc.

Elle se leva, alla ouvrir. Un Hermite se tenait sur le pas de la porte. Malgré ma force de la pluie, il n’était pas mouillé. Il tenait à la main une lanterne, et de l’autre s’appuyait sur sa canne. Il leva la tête vers Elle, et la regarda fixement.

Elle recula, puis, lui fit signe d’entrer.

Arrivé dans la pièce, l’Hermite tapa deux fois le sol avec sa canne (Tap, tap), et l’orage s’arrêta, d’un coup, ou tout au moins, on ne l’entendait plus gronder. Elle apporta une chaise à l’Hermite, puis s’assit sur la sienne, et continua sa lecture, sans plus se soucier de lui. L’Hermite refrappa le sol, trois fois.

Tap, tap, tap. Elle leva la tête.

-L’heure est venue, dit il simplement, d’une voix rocailleuse. L’heure de la vengeance, ajouta t’il.

Elle ne répondit pas. Alors, il sortit des plis de sa robe un couteau, tout petit, mais bien aiguisé. Il le lui enfonça dans le cœur, sans plus de cérémonie. Pas un son ne sortit de sa bouche. Elle continua de le regarder de ses yeux morts.

L’Hermite se releva, et sortit précipitamment. Soudain un rayon de soleil perça les nuages. Aveuglé, l’Hermite recula en arrière, et, trébucha sur sa canne. En tombant, il se fracassa le crâne sur une pierre, et ainsi mourut t’il.

Quelques semaines plus tard, un homme trébucha sur la canne alors qu’il fuyait la justice. Pendu quelques années plus tard, il continua de maudire l’objet maléfique même sur la potence. Et il ne fut pas le dernier.

 

Garance Pessaud 

 

 

Ecriture libertine 

 

Laisse donc couler cette encre
Toi, vivant, jamais tu ne me possèderas
Bouter un feu de cendres
Le désir est mort
Feu mon amour pour toi
Et rugir n’y changera rien
Périr est inéluctable
Dans tes entrailles ta soif de pénétrer
Mon sexe palpitant finira par s’éteindre
Con que tu es de m’avoir abusée.

 

 

Je me souviens du caramel des gaufres encore chaudes qui emplissait la pièce tel le suc qui recouvre ton corps quand ti fendilles et mordilles mon abricot.

Je me souviens des effluves de musc qui emplissait la chambre de ma chère grand-mère sans doute outrée de me voir y goûter à présent à la faveur de ton vit.

Je me souviens de l’air iodé de la mer que j’aspirais à grosse bouffée qui ne pourra rivaliser avec ton souffle salé que, haletant, tu insuffles entre mes lèvres brûlantes.

 

 

« Simple service »

Ils s’étaient donné rendez-vous au café qui faisait le coin en fin de journée. Leur endroit habituel qui abritait aussi leur histoire personnelle déclamée à coup de verre de rhum jusqu’au petit matin. Les deux amis ne se sont plus vus depuis des années. Ils sont assis là en terrasse baigné par un soleil couchant qui disparait déjà derrière les hauts immeubles de ce quartier dense. A par les salutations d’usage, rien d’intéressant n’a encore été formulé. La serveuse arrive et prend la commande. Ils attendent de trinquer pour commencer à se confier.

Erotiser la scène et ajouter les éléments suivants :
sexe érigé, sperme âcre, au creux de vos vagins, queues palpitent, l’engin bavasse, des seins aigus.

« Double service »

Ils s’étaient retrouvés au café du coin de la rue d’Aerschot, queues palpitantes des plaisirs visuels dont ils s’étaient gorgés. Ils avaient pris l’habitude de se retrouver et faire mousser leur excitation par l’alcool avant de fondre au creux des vagins de l’une ou l’autre prostituée. Ils partageaient leurs impressions et leurs sexes érigés à ces évocations déformaient avec fermeté leurs pantalons. La serveuse s’approche et leurs engins bavassent de plus belle. Ils se taisent à présent. La vue de ses seins aigus, pointant sous un chemiser transparent, a asséché leurs bouches. Tandis que leur sperme âcre semble déjà affluer dans leur vit bridé, ils la regardent s’éloigner. L’un mordillant ses lèvres écumantes des vagues de désir qui le submergent, l’autre la main posée sur son sexe tentant de calmer les mille chevaux prêts déjà à s’élancer au grand galop.

 

 

 « Ton roi »

Ne simule pas quand mon serpe te saisit ou je te sodomise en saccades. Et que, saoule de douleur, tu meures dans un dernier spasme. Je serre ton clitoris entre mes doigts, ton sexe se soulève, tes seins se dressent et le sang afflue. Je parcoure les sillons de ta vulve, lentement, je rebrousse parfois chemin et puis je reviens. Ta savane brûlante crépite sous ma salive. Je te suce et les soubresauts qui te parcourent me font sentir que tu en veux encore, salope. Dans un souffle, tu appelles mon sexe. Tu me conjures de te défoncer le con. Je ne demande qu’à te satisfaire. Je remonte le satin de ton ventre, je m’y attarde, le baise, le lèche, le mouille. Mon vit est dressé et d’un seul coup bref, je pénètre en ton royaume. Je t’en donne le sceptre que tu accueilles et serres avec volupté. Reine sauvage, ton regard se mouille autant que ta prune et décuplent mes sensations. Je laboure ton corps de soubresauts de plus en plus rapprochés et intenses. Mon sperme est prêt à jaillir. Je scrute un signal qui nous mènera au sacrifice. Tu glisses tes doigts entre mes fesses. Je suis saisi d’une vague de secousses. Mon va-et-vient s’accélère. La chaleur me submerge. Des éclairs s’impriment dans ma tête. J’ensemence cette terre brûlante que tu m’offres. Sale catin, souviens-toi, je suis ton roi.

 

 

« Sous X »

« Racontez-moi votre histoire depuis le commencement et dites-moi comment vous avez fait sa connaissance. »

Clarence regardait l’inspecteur avec stupeur. Pour la cinquième fois aujourd’hui, il allait falloir à nouveau raconter ce qui, hier encore, aurait fait rougir la petite prude qu’elle était. Mais la gêne était mêlée à une excitation morbide, qui, rien qu’à l’idée d’évoquer cette rencontre, libérait un spasme de plaisir. La renvoyant littéralement au fond de sa chaise. L’obligeant à s’accrocher de ses petites mains serrées aux accoudoirs.

J’avais décidé de descendre à Marseille pour le week-end. Je voulais fuir l’agitation de Paris et laisser derrière moi mon pc, mon portable qu’en bonne « workaholic », je ne parviens pas à lâcher. J’avais posé mes affaires dans un petit hôtel à mon arrivée le samedi matin et je m’étais baladée toute la journée. J’avais finalement échoué au port  et je m’étais installée à la terrasse du café « L’ancre jetée » aux alentours de 19h. Le soleil brillait encore. J’étais exténuée par cette marche et je rêvais d’un verre pour me détendre. Assise, les yeux mi-clos, sirotant un petit blanc, c’est tout d’abord une fumée de tabac qui m’avait tirée de ma torpeur. Je m’étais retournée et nos regards s’étaient croisés. J’avais directement lu le désir dans ses yeux. Le poids de son regard n’avait dès lors plus quittée ma nuque. Je ne le connaissais pas et je pouvais deviner la pression de ses mains autour de mon cou. Au bout d’une dizaine de minutes, il s’est assis à ma table sans mot dire et a déposé son verre de whisky à côté du mien, aussi vide que le sien. Sans me regarder, il me saisit la main et m’entraine le long de la jetée. Il s’engouffre dans un petit chemin de pierre. Il avance vite tandis que je suis ralentie par mes chaussures à talon. Mon cœur bat à tout rompre. J’ai le souffle court. Au bout de quelques centaines de mètres, le chemin s’élargit. Diverses plantations offrent des zones d’ombres, plus sombres. Il s’arrête, se retourne. Une douce brise d’été entraine mes longs cheveux bouclés sur mon visage et soulève ma jupe. Il y engouffre la main, saisit ma culotte, l’écarte et enfonce un doigt dans ma chatte qui palpite d’excitation. Son regard est plongé dans le mien et il ne scille pas. Cherchant une nouvelle caresse, je déboutonne ma chemise tandis qu’il me masturbe. Il attrape ma poitrine de sa main encore libre. Nos corps vibrent. Nos têtes se rapprochent instinctivement. Je fonds sous la magistralité de son doigté. Je pose mes lèvres brûlantes sur les siennes que j’entrouvre et fourre ma langue. L’odeur de tabac m’enivre à nouveau. J’ouvre les yeux. J’observe qu’il retrousse se babines tel une bête. Cette vue augment encore mon plaisir et mon corps se raidit. Je déboutonne sa chemise tandis qu’il me repousse contre un rocher. La chaleur de la pierre me fait frissonner. Il me saisit les fesses et ses lèvres humides parcourent mon corps. Il me lèche. Il me mord. Il me caresse. La tête me tourne. J’ai l’impression d’être un bateau ivre dont personne ne tient le gouvernail. Je glisse le long de la paroi. Genoux à terre, le corps traversé de secousses, je prends son membre en bouche. Je l’embrasse, je le lèche. Je ressens une profonde volupté, je n’ai jamais ressenti un tel bonheur en suçant un homme. Il gémit. Je poursuis mon agréable besogne tandis que je sens sous mes doigts tout son être se tendre. Il ondule, amorce des mouvements de va-et-vient, s’arrête le temps que je reprenne le contrôle du tempo. Nous sommes couverts de sueur. Il halète de plaisir. Son excitation m’émoustille et mon clitoris est gorgé de vibrations toujours plus intenses. Je devine sa tête renversée en arrière, ses mains sont posées sur ma tête m’indiquant par une légère pression de ne pas m’arrêter. Lorsqu’un râle plus puissant que tous les autres s’échappe. Au même moment, un jet puisant de sperme m’emplit la bouche. Mon corps est alors secoué d’un orgasme, mes yeux se révulsent et je me laisse m’écraser au sol. Il e faut quelques minutes pour reprendre mes esprits. C’est alors que je m’approche de lui, il est également couché. Quelques gouttes de sang s’échappent de sa bouche.

 

 

« La cage »

Il les avait toutes deux menottées. Couchées sur le sol de la cellule, elles haletaient, gémissaient, couinaient. Leurs vulves gorgées de plaisir, tendues vers le ciel, palpitaient. Un simple effleurement de leur sexe leur arrachait un râle sourd qui le faisait bander de plus belle. Le service achevé, le commissariat fermé, ils s’étaient tous les trois entendus sur un regard. Elles étaient les nouvelles recrues et il les avait accompagnées dans leurs premières missions. S’occuper de crimes et autres histoires glauques au fil des journées, augmentait la pression et le besoin de laisser s’échapper la tension. Des spasmes les parcouraient toutes les deux et leurs corps ondulaient sur le sol crasseux de cette cage. Marie avait été la première nue. Il l’avait plaquée au sol et, son bâton puissant tendu, il se frayait un chemin entre ses lèvres brûlantes. L’épais tissu de son pantalon tenait la bride  son braquemart déchainé. Julie s’était alors glissée près d’eux et tout en parcourant de ses les doigts les contours de sa fente, s’était appliquée à lui ôter sa boucle qui pesait sur le sexe de Marie. Elle lui avait ouvert la braguette, arraché vivement le pantalon et s’attachait à présent à parcourir la fente de ses fesses de la pointe de son pied. Elle réalisait un mouvement de va et vient du bas de son dos jusqu’à l’aurore de ses couilles. Et même si son pénis continuait à se frayer un passage entre les cuisses de Marie, son esprit était totalement gagné par l’ivresse procurée par cette besogne pédestre minutieuse. Tandis qu’il pousse un rugissement de plaisir, les grosses cuisses rondes de Marie s’entrouvrent un peu plus avant et son pénis assoiffé pénètre en ce triangle humide. Tous ses sens s’affolent, le sel de leurs sueurs picote sous la langue. Il enfourne sa langue compulsivement entre les lèvres entrouvertes de Marie. Julie masse de ses orteils son paquet qui se balance au rythme de cette danse. Il perd le contrôle. Une extase double le gagne. Son front est fiévreux. Sa puissance lui arrache des grognements rauques auxquels ces deux salopes répondent par de petits cris étouffés. Ses boules sont prêtes à éclater. Son pénis est en feu. Il courbe les fesses et plonge son vit plus profondément. Julie intensifie la pression de son pied, joue de toute la dextérité de ses orteils. L’extase le gagne. Marie, la tête penchée en arrière, a les yeux révulsés. Il se retire. Julie pivote. Et, dans un mouvement, se penche vers son sexe qu’elle avale goulûment. Des éclairs éclatent dans sa tête. Il sent tous ses membres fondrent. Tandis que son sperme jaillit dans sa bouche aux parois de satin.

 

 

 

« Ah ! Vous dirai-je Maman
Ah ! Vous dirai-je Charmant
Je durci dans un mouvement
Mon envie claque et sonne
Comme un râle qui résonne
Moi je suce tes bonbons
Et ton pénis, poliçon !

Ah ! Vous dirai-je Charmant
£Je durci dans un mouvement
Suce mon vit que je retienne
Où mettre ma langue et la tienne
Moi je jouis entre tes fesses
Quelle extase, ultime caresse. »

 

 

« Ta chatte »

Ta chatte ondule sans répits
Ta chatte miaule à mes cris
Ta chatte comble mon vit
£Ta chatte brille dans la nuit.

 

« Sainte invitation »

Marcel m’apporta la missive tant attendue. L’évêque allait me recevoir. Ma lubricité avait fait ma renommée. On glissait mon petit nom sous les soutanes : Doux Jésus. Le saint évêque avait dissimulé sa vie intention d’enfourcher ma douce pine sous une convocation au repas pascal. Nous discutions avec Marcel à la porte du monastère. Tandis que je parcourais l’invitation, notre jeune facteur Marcel, me relatait sa relation naissante avec la jeune Colette lorsqu’elle avait, à sa demande appuyée, soulevé légèrement sa longue jupe. Je souriais intérieurement à l’évocation imagée de gros vits qui lui pénétraient son petit con, son cul serré et sa bouche en cœur. La jeune Colette aurait beau crier Père et Mère, il est certain qu’elle finirait par en redemander. Mais je ne mangeais pas de ce pain-là. Et marcel allait sans doute devoir encore patienter longtemps avant d’en mettre une seule miette en bouche. J’espérais pour lui que son romantisme ne l’empêchait pas de s’asticoter promptement soir et matin afin de garder le moral. Car, même marié, la femme est parfois peu encline aux jeux lubriques qui peuvent naître dans un esprit masculin. Dieu seul sait. Mes fantasmes les plus dégradants auraient empourprés le joue de la saint Colette et l’aurait fait suffoquer jusqu’à l’étourdissement. Je m’asseyais fort heureusement à une autre table. Et mon cher évêque l’avait entendu de cette oreille. Le menu annoncé parlait de lui-même …

Méli-mélo de boules gorgées de miel
accompagnées d’asperges jeunes et croquantes.

Agneau sauté façon triviale
petites pommes de terre grenailles rehaussées d’un jus de carottes parfumées au thym et au laurier.

Fondant lunaire aux étoiles écumantes
bordé de pépites au chocolat blanc.

Tandis que la voix de Marcel se faisait de plus en plus lointaine, un ardent brasier avait pris au creux de mon bas ventre à la lecture de ce menu plus que prometteur. Je connaissais Monseigneur de réputation. J’avais eu la chance de rencontrer certains de ses disciples qui m’avaient, sinon mis en transe extatique, du moins m’avaient fait oublier le prénom de ma bonne mère ! Une lumière ardente illuminait leur regard quand ils vous attrapaient la queue. C’était loin d’être des illuminés. Ils semblaient avoir étudié le corps masculin et sa mécanique comme on étudie la bible. O joie ! Douce volupté ! à l’idée de me prendre le braquemart vertueux de ce saint homme. J’hochais une dernière fois la tête en signe d’assentiment à ce jeune Marcel et prenait congé de ses lamentations de puceau. Il était plus que temps que j’aille m’asticoter l’oiseau.